Ottawa se laisse séduire par un avion « en fin de vie », clame Bombardier.

Bombardier estime que l’Aviation royale canadienne (ARC) se laisse séduire par un « produit en fin de vie » en envisageant d’acheter des avions de surveillance militaire de Boeing de gré à gré. L’avionneur québécois, qui convoite ce contrat multimilliardaire, n’entend pas rester les bras croisés s’il n’y a pas d’appel d’offres.
Publié à 17h14
Julien Arsenault
Le Canada, qui doit remplacer ses 140 CP-140 Aurora mis en service en 1980, vient d’envoyer une lettre au gouvernement américain afin d’obtenir des informations, dont un prix, pour un maximum de 16 avions P-8 Poseidon – l’appareil proposé par le géant américain.
Ottawa affirme que cela ne constitue pas une commande ferme, mais des experts consultés par La Presse pensent le contraire. Ce scénario mettrait des bâtons dans les roues de Bombardier, à la chasse aux contrats militaires et qui demande une chance de promouvoir ses jets privés Global, qui peuvent être convertis pour des missions de surveillance. L’appareil est assemblé dans la région de Toronto pour ensuite être modifié aux États-Unis.
« C’est un produit en fin de vie, a lancé le président et chef de la direction de l’avionneur, Éric Martel, mercredi, en marge d’une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en parlant du P-8 Poseidon. Boeing dit de l’acheter maintenant parce qu’on va arrêter de le produire bientôt. »
Même si le gouvernement Trudeau qualifie l’avion de Boeing de « seul appareil actuellement offert » qui « répond à toutes les exigences opérationnelles », M. Martel affirme que le gouvernement lui a laissé entendre qu’aucune décision n’avait été encore prise.
Le patron de Bombardier répète qu’il ne demande pas de traitement de faveur, mais plutôt une chance de pouvoir rivaliser dans le cadre d’un appel d’offres en bonne et due forme. L’entreprise québécoise étudiera « toutes les options à sa disposition » si une entente de gré à gré est conclue avec Boeing.
« Vous pouvez l’interpréter comme ça, oui », a répondu M. Martel, lorsqu’il lui a été demandé s’il entendait répliquer advenant l’absence d’un appel d’offres.
Des milliards en jeu….
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