Il fait partie des 16 lauréats du concours du "plus Grand musée de France", aux côtés d'un canot du Léman, d'un Retable, de tableaux d’exception ou encore d'une machine d’usine sucrière. L'avion Flamant MD-311 est restauré par une association d'Alençon.
Les votants pour le concours national "du plus Grand Musée de France" ont placé en tête des suffrages l'avion de l’Amicale Alençonnaise des Avions Anciens. Ce Flamant MD-311 F-AZER remporte une somme de 8 000 euros pour aider à sa restauration.
"Pour refaire un moteur comme celui-ci, il faut 1 700 heures de travail", explique Stéphane Odolant, mécanicien bénévole, "donc, c'est les week-ends, c'est avec des copains, des passionnés".

Privé de hangar, le bimoteur a subi les caprices de la météo pendant plusieurs années. La corrosion gagne du terrain, et une restauration complète s’impose.
Cet appareil emblématique de l’aviation française a été conçu par Marcel Dassault pour répondre à un concours d’avion de liaison, lancé par l’État après la Seconde Guerre mondiale.
"Ce sont des avions qui allaient de base en base pour transporter du matériel, des personnes... Et d'ailleurs, un des avions, un des Flamants servait au général de Gaulle pour circuler en France", explique Alain Odolant, président de l’Amicale Alençonnaise des Avions Anciens.
"C’est un avion qui, à l'époque, était techniquement très à la pointe. Il a des hélices qui sont des hélices électriques, ça n'existait pas à l'époque. Les moteurs étaient aussi très performants. C'est un avion qui a servi pendant plus de 30 ans dans l'armée de l'Air. Donc, ça devait leur convenir et ça devait leur apporter un plus", précise Alain.
Le MD Flamant pouvait transporter une dizaine de passagers. Produit dès 1947 et à seulement 325 exemplaires, il se déclinait en plusieurs versions. Le MD-311 à nez vitré, celui qui est restauré à Alençon, servait pour l’entraînement à la navigation et au bombardement.
Cet avion a effectué son premier vol en avril 1953 et totalise 5 604 heures de vol.
"Les missiles étaient sous les ailes. Le nez vitré servait à mettre un observateur qui avait, on va dire un joystick, et ça lui permettait de guider les missiles qui, à l'époque, étaient filoguidés. C'est-à-dire qu'il y avait un câble entre le missile et l'avion, jusqu'à 3 km de câble qui permettait de le guider et à la rupture des câbles, le missile allait évidemment tout droit", détaille Alain Odolant.
"Des avions comme ça, il n’y en a plus que deux en état de vol au monde", précise Alain. L'appareil restauré par une association amiénoise a été présenté au Bourget l'an passé.
Très apprécié pour sa fiabilité, il a équipé de nombreuses unités de l’Armée de l’Air. Il a notamment été déployé pendant les guerres d’Indochine et d’Algérie.
"L'année prochaine j'espère qu'il sera en état de vol, c’est l'objectif. On est assez pressés de le remettre en route parce qu'il est très demandé pour les meetings", précise Alain.
L'avion a déjà participé à de nombreux rassemblements en France et en Europe, ainsi qu’à plusieurs tournages cinématographiques. Une fois remis en état, il retrouvera les airs et tous ces rendez-vous de passionnés d'aviation.