27 ans après, cet avion mythique utilisé par la Nasa pourrait faire son grand retour

Le SR-71 Blackbird était un avion militaire américain qui a volé, pour la dernière fois, en 1999. Depuis, les exemplaires restants sont exposés dans des musées. Or, celui que la Nasa gardait en Californie a disparu de son emplacement, et l’agence a discrètement lancé un projet pour le remettre en vol, selon Aviation Week ce mardi 29 septembre.
De son nom complet Lockheed SR-71 Blackbird, cet avion souvent désigné uniquement comme le Blackbird est devenu mythique durant les décennies où il a été utilisé. Entré en service dans l’US Air Force en 1966, il vola pour la dernière fois en 1999 et fut référencé dans tout un pan de la pop culture, depuis les X-Men jusqu’à Transformers, en passant par Call of Duty et Battlestar Galactica.
Capable de voler à près de 26 kilomètres d’altitude à Mach 3,2, soit plus de trois fois la vitesse du son, le Blackbird était conçu pour résister aux conditions atmosphériques les plus dures, ce qui en faisait un outil décisif pour les nombreuses missions d’espionnage et de reconnaissance nécessaires durant la guerre froide. À la fin de sa carrière, il fut utilisé par la Nasa à des fins de recherche puis fut définitivement cloué au sol après un dernier vol le 9 octobre 1999.
L’avion introuvablePourtant, un article d’Aviation Week publié ce mardi 29 septembre nous apprend que la Nasa a discrètement lancé un projet pour remettre un Blackbird en vol. Mi-septembre, lors du All-In Summit à Los Angeles, Jared Isaacman, administrateur de la Nasa, a montré la silhouette d’un avion qui rappelle fortement le Blackbird. Il a ensuite expliqué, sans nommer l’appareil, que l’agence reconstruisait sa flotte d’avions expérimentaux pour voler de nouveau « aussi haut et aussi vite » qu’il y a quelques décennies, ce qui correspond au profil du SR-71.
Le Blackbird, en noir, entouré d’autres appareils de recherche. Source : NasaPlus étonnant encore, plusieurs médias américains, comme Defence Express affirmaient que les images satellites montrant l’avion SR-71 portant le numéro 844, à savoir, celui qui a volé pour la dernière fois pour la Nasa en 1999, avait disparu du centre de recherche Armstrong, en Californie, là où il était stocké auparavant. Son fuselage sombre était bien visible sur les images plus anciennes, mais il n’apparaît plus depuis au moins le 17 mai. D’après les sources d’Aviation Week, l’appareil aurait été placé dans un hangar en début d’année pour une inspection.
D’après Aviation Week, la Nasa a aussi approché plusieurs anciens membres du programme SR-71, avec une mission explicite : remettre un Blackbird en l’air. Mike Relja, un retraité de près de 80 ans, a reçu une telle offre il y a environ un mois, et deux anciens ingénieurs d’essais confirment que des postes ont été proposés.
Le symbole d’un pays triomphantC’est en tout cas ce que soupçonnent certains analyses, même si remettre sur pied un avion de ce type près de trois décennies après son dernier vol semble extrêmement complexe. Après les attentats du 11 septembre 2001, l’idée de ressortir un Blackbird avait déjà circulé, et sa remise en état était alors estimée entre 40 et 45 millions de dollars (environ 34 à 38 millions d’euros), rappelle The War Zone. Vingt-cinq ans plus tard, la facture serait forcément plus lourde.
Le Blackbird a aussi besoin d’un carburant spécifique, le JP-7, qui n’est plus fabriqué de façon régulière. Il faudrait donc relancer une production dédiée, ou changer complètement les moteurs, un chantier tout aussi lourd.
Un des derniers Blackbird en vol dans les années 1990. Source : Nasa
Alors pourquoi la Nasa voudrait se lancer dans un tel chantier ? La Nasa dispose déjà d’un avion supersonique expérimental, le X-59, qui en est encore aux expérimentations. Mais il ne joue pas dans la même catégorie : il doit passer le mur du son sans créer le fameux « boom » particulièrement gênant. Jared Isaacman l’a d’ailleurs présenté comme « juste le début » de la reconstruction de la flotte. Sans compter d’autres projets de nature militaire qui restent secrets, mais qui pourraient présenter des avantages semblables à ceux apportés par le Blackbird.
Un argument pourrait être l’aspect légendaire de l’appareil. Présent dans bon nombre d’œuvres culturelles, il reste emblématique d’une certaine superpuissance américaine. À l’heure où la Nasa cherche à renouer avec l’imagerie victorieuse d’une bannière étoilée sur la Lune, retrouver l’avion mythique incontournable dans des décennies de films, séries et jeux vidéo semble une bonne opportunité.