On parle peu des motoristes ingénieurs français concevant des moteurs destinés à l'automobile mais aussi à l'aviation au temps des pionniers.
Notre grand père, Louis Coatalen, était dans la vie un homme pressé …



Extraits concernant l'aviation:
https://www.patrimoineethistoiredechaze ... -coatalen/https://www.patrimoineethistoiredechaze ... chazelles/https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_CoatalenLouis Coatalen est un breton né en 1879 à Concarneau. Il fait des études secondaires à Brest puis celles d’ingénieur à Cluny:
c’est un gadzarts de la promotion 1895 qui commence à travailler en 1899 d’abord chez Panhard et Levassor puis Clément-Bayard et ensuite De Dion-Bouton. En 1901, il part pour l’Angleterre, chez l’automobiliste Humber à Coventry où il dessine la 8/10 CV puis la 10/12 CV Coventry-Humber.....
....En 1913, Louis Coatalen acheta un avion biplan Farman qu’il équipa d’un moteur. Ce moteur fut vendu à des dizaines d’exemplaires à la Royal Air force et la Royal Naval Air Service ainsi qu’aux aviations françaises et russes.
Quelques semaines avant le déclenchement de la première guerre mondiale, Sunbeam avait 150 moteurs d’avion à huit cylindres en production. Ce furent les seuls moteurs d’avion disponibles en Angleterre à l’entrée en guerre du Royaume-Uni. Sunbeam passa de 250 à 300 chevaux et enfin 400 chevaux.
Début 1914, Louis Coatalen est nommé co-directeur de Sunbeam.
En liaison constante avec l’Amirauté britannique, Louis Coatalen fut amené à rencontrer des personnages importants, deux d’entre eux en particulier: le célèbre Lord Fischer, le premier Lord de la Mer et Winston Churchill, alors jeune politicien, dont Louis Coatalen disait, bien avant l’heure : « Vous verrez jusqu’où il ira ! ».

En réalité, on peut dire que toute l’aviation britannique fut équipée par les moteurs Sunbeam pendant la première guerre mondiale.
Louis Coatalen fut non seulement créateur des moteurs pour l’Aviation mais ses moteurs ont aussi équipé la grande majorité de hydravions et ballons dirigeables en Angleterre. Comme « designer », il était en avance sur tout le monde. Le gouvernement français montra son appréciation de son aide aux alliés en le nommant chevalier de la Légion d’honneur en 1954.
Notre grand père aimait raconter qu’au début de la guerre 1914, il fut convoqué pour servir comme 2ème classe sous les drapeaux en France. Mais l’Amirauté et le Home Office (Ministère de la Guerre) ne voulaient pas le laisser rentrer en France estimant qu il serait plus utile en Angleterre chez Sunbeam à concevoir des moteurs pour les avions. C’est ainsi qu’il obtint en quelques jours la nationalité britannique.
Durant les quatre ans de la guerre, Sunbeam concentra ses efforts sur différents types de moteurs pour les avions, les moteurs pour les bateaux et de petits hydravions et même les dirigeables !
Durant la Grande guerre, Sunbeam motor car et Louis Coatalen participent à l'effort de guerre avec les moteurs « Liberty ». En 1916, une Sunbeam finit troisième à Indianapolis. En 1917, la Marine française passe commande à Alphonse Tellier de 315 hydravions de 23 m d'envergure motorisés par un Panhard-Levassor ou un Sunbeam 350 ch capables d'emporter 1 632 kg de charge utile. Il n'en sera livré que 35 unités en 1918 avant la fin des hostilités. En 1918, Alphonse Tellier prévoit la production du « VONNA », un hydravion transatlantique emportant un équipage de 3 hommes et un poste radio, pesant 9 tonnes à vide et 16 tonnes au décollage (dont un plein de 8 000 litres d'essence) et mu par 4 moteurs Sunbeam-Coatalen W18 de 450 ch. Nieuport associe 15 ingénieurs à son étude, mais le projet est abandonné en 1921 par la maladie et la mort des principaux promoteurs du projet.
En 1919, le dirigeable R-34 faisant suite au R-33 avec des moteurs Sunbeam construits par Coatalen effectue la première traversée de l’Atlantique Nord par la voie des airs en 4 jours et demi entre l’Écosse et New York avec un retour en un peu plus de 3 jours soit 11 200 km à la vitesse moyenne de 61 km/h. L’exploit est salué dans le monde entier.

Après la fusion de Sunbeam, avec Talbot et Darracq en 1920, Louis Coatalen fut nommé ingénieur en chef et ouvrit un bureau de dessin en plus de celui de Wolverhampton. Il relança également la participation des voitures dans des courses aux Etats-Unis dont les fameux 500 miles d’Indianapolis et les courses de Daytona.
En 1925, la Sunbeam Super Sports finit deuxième aux 24 heures du Mans devant les Bentley.
1925 fut l’année des records du monde. Cette année-là, Malcolm Campbell brisa la barrière des 225 km/h et Seagrave atteint la vitesse incroyable de 317 km/h dans une autre voiture.
En 1927, la course au record atteignit de nouveaux sommets. La célèbre « slug », qui n’avait rien d’une limace mais qui enveloppait le pilote, dépassa les 327 km/h sur les plages de Floride de Daytona beach. Elle mesurait 6,09 mètres, pesait 3800 kg et était équipée de deux V12 d’avion datant de la première guerre mondiale. Un était placé devant le pilote et l’autre derrière. Ce cinquième record du monde de Sunbeam fut le plus prestigieux… et le dernier.

La Sunbeam 1000hp restaurée a été mise en marche en aout 2026 devant la foule du Concours d'Élégance de Pebble Beach, ses 2 énormes moteurs V12 d'aviation rugissant à nouveau, 99 ans après que la voiture ait dépassé les 320 km/h et battu le record du monde de vitesse terrestre à Daytona Beach en 1927.
Voici Jon Murden, directeur général du National Motor Museum Trust, qui explique à la foule ce qui va se passer !