Crash de la caravelle Ajaccio-Nice : la justice demande de repêcher les réacteursCitation:
Plusieurs pièces de l’épave de la caravelle, dont ses réacteurs, vont être remontées des fonds marins au large du cap d’Antibes. Une opération qui pourrait enfin percer un mystère vieux de bientôt 58 ans.
À quelques jours du triste anniversaire du crash de la caravelle Ajaccio-Nice, une «opération de relevage» des principales pièces de l’épave, «dont les réacteurs», a été demandée, apprend Le Figaro auprès du procureur de la République de Nice, Damien Martinelli. Dans un communiqué transmis lundi 7 septembre dans l’après-midi, ce dernier a fait part des dernières avancées de l’enquête concernant l’appareil, abîmé au large du cap d’Antibes le 11 septembre 1968 au matin, tuant ses 89 passagers ainsi que les six membres d’équipage.
À ce jour, une information judiciaire du chef de soustraction de document ou objet concernant un crime ou délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité reste ouverte par le parquet de Nice (Alpes-Maritimes) ; en octobre 2025, une première opération de prise de photographies sous-marines avait été conduite pendant trois jours, sur une zone prédéfinie de 8 km2. «Au terme d’une trentaine d’heures de plongée à 2 300 mètres de fond, cette opération avait permis d’une part de détecter et identifier plusieurs débris de l’appareil parmi lesquels des éléments de queue, et d’autre part d’identifier les deux réacteurs», rappelle le magistrat.
Pièce maîtresse du dossier : le réacteur gauche de l’avion : au lendemain du crash, les autorités avançaient qu’un feu se serait déclenché au niveau des toilettes, à l’arrière de la cabine ; ledit réacteur en comporterait donc les traces. Voilà pour la thèse «officielle» ; depuis, les familles de victimes portées par l’association des frères Paoli, rendus orphelins par l’accident en 1968, redoutent une erreur de tir de missile de la part de l’armée française, qui aurait effectué des entraînements dans la région, le même jour. Plusieurs éléments sont venus accréditer cette position - ainsi une bande-son d’un reportage de l’ORTF qui aurait été saisie par les renseignements généraux, ou les pages arrachées d’un carnet consignant l’ensemble des tirs effectués ce matin du 11 septembre 1968.
Dès lors, remonter ces deux pièces de l’épave permettrait d’identifier ou non d’éventuelles traces d’explosifs ou d’incendie. La durée d’une telle opération, dont la demande a été effectuée auprès de «plusieurs entités» spécialisées, est pour l’heure évaluée «à six jours». Dans l’attente d’autres retours, celui-ci confirme toutefois la «faisabilité» de ce relevage, qui constituerait une étape majeure dans l’avancement de ce dossier, ancré dans l’énigme depuis bientôt 58 ans. Le procureur Martinelli réitère au passage la volonté de le réaliser «dès que les conditions seront réunies» et révèle que le travail des enquêteurs réalisés sur une réplique de la caravelle, a notamment confirmé la «pertinence» de cette suite donnée aux recherches.
«Un exemplaire d’une caravelle détenue par un aéro-club, parfaitement conservée et identique à celle concernée par les investigations» a donc permis d’établir «un important travail de photographies intérieures et extérieures ainsi qu’une analyse des différents éléments capturés lors des opérations de plongée», expose le magistrat. Dans la foulée de cette première opération, «des experts ont été sollicités pour déterminer la faisabilité et les conditions d’une nouvelle campagne de prises de vues ainsi que d’une manœuvre de remontée des débris localisés», indique encore le parquet. Pour ce faire, la vice-présidente chargée de l’instruction a notamment saisi la division des investigations aéronautiques de la section de recherches des transports aériens de la gendarmerie nationale.
https://www.lefigaro.fr/nice/crash-de-l ... s-20260907