« Les autorités chinoises ont effectué un chantage » : dans les coulisses du blocage des livraisons d’Airbus par Pékin.

Durant le premier trimestre, les autorités chinoises ont bloqué les livraisons d’une vingtaine d’Airbus A320. Derrière ce simple « retard administratif » se cache un coup de pression orchestré pour faire accélérer la certification du C919 par l’Union européenne.
La Chine cherche à faire accélérer la certification de son moyen-courrier, le C919, hors de ses frontières. Et ce, par tous les moyens. Les autorités du pays ont ainsi orchestré, en ce début d’année, un coup de pression inédit dont Airbus a fait les frais. L’avionneur européen a été empêché de livrer, durant les trois premiers mois de l’année, une vingtaine d’A320 assemblés sur la ligne d’assemblage final de Tianjin. Un « chantage » qui s’explique par la volonté des autorités chinoises de faire certifier au plus vite leur monocouloir par l’Europe, selon deux dirigeants de haut niveau qui se sont confiés indépendamment à la Tribune.
Au sein d’Airbus, les retards de livraisons étaient justifiés fin avril par un simple « retard administratif », dû à une « procédure normale et habituelle ». Des retards qui ont, au passage, contribué à ce que le niveau de livraisons se situe en deçà des attentes au 1er trimestre 2026, avec 114 appareils remis contre 136 en 2025 à la même époque. « Cela ressemble à une contrainte administrative, mais il s’agit en réalité d’un message des autorités chinoises pour prouver leur pouvoir de nuisance dans le cas où les Européens ne montreraient pas davantage de bonne volonté concernant le C919 », soutient un interlocuteur bien au fait du dossier.
Les autorités chinoises ne craignent plus le bras de fer
Un décryptage que confirme intégralement une seconde source, également très proche du dossier. « Il n’y a aucun doute sur le fait que les autorités chinoises ont effectué un chantage, aucune autre raison ne peut expliquer les blocages de livraisons d’une telle ampleur, affirme cet autre haut dirigeant. Très clairement, comme les autorités estiment que l’agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) n’a pas encore certifié le C919, elles cherchent à imposer à Airbus des contraintes. » Airbus fait ainsi figure de victime collatérale dans ce nouveau bras de fer industriel entre la Chine et l’Europe.
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