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Ven 08 Mai 2026 10:25

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
MessagePosté: Ven 08 Mai 2026 10:25 
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Salut à tous,

Pour les passionnés de Concorde, un "petit" article sur les contraintes de l'avion liées à la Température :


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Enquête sur la catastrophe du Boeing 737 MAX
https://www.amazon.fr/dp/B0G44S5T3N


  
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Mer 13 Mai 2026 15:10

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
MessagePosté: Mer 13 Mai 2026 15:10 
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Localisation: sous les pommiers pres des vaches
Merci Cool Hand pour cet article
Ils avaient du chou les ingénieurs de l'époque, et pas qu'un peu :shock: :shock:

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"Avion : Moyen de transport le plus sur qui me fait le plus peur" Laurent Baffie


  
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Mer 13 Mai 2026 15:20

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
MessagePosté: Mer 13 Mai 2026 15:20 
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La photo de la fameuse casquette coincée dans l'endroit prévu pour la dilatation de ce bel oiseau

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Mer 13 Mai 2026 21:39

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
MessagePosté: Mer 13 Mai 2026 21:39 
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Inscription: Mar 04 Avr 2006 17:35
al12ni a écrit:
Merci Cool Hand pour cet article
Ils avaient du chou les ingénieurs de l'époque, et pas qu'un peu :shock: :shock:


Merci à toi, ravi que ça te plaise.En effet, on mesure mal la prouesse technologique qu'a été Concorde. L'alliance franco-britannique a réussi là où américains comme soviétiques ont échoués.

Trop génial la photo !! Quelle trouvaille, bravo !!

Un autre article plus historique que technique :


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Sam 16 Mai 2026 05:39

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
MessagePosté: Sam 16 Mai 2026 05:39 
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L'art de la gestion carburant sur Concorde

Comment trois hommes, des règles en plastique et des stylos quatre couleurs construisaient le système de décision le plus sophistiqué de l'aviation civile.

À 60 000 pieds, le monde s'arrête. Plus de vent, plus de turbulences, plus de bruit. Le Concorde glissait dans la stratosphère à Mach 2 dans un silence que seuls ses équipages ont connu. Rien ne bougeait dans la cabine. Rien, sauf la jauge de carburant, qui descendait, descendait, descendait.

C'était là le paradoxe du supersonique franco-britannique : un avion d'une régularité de métronome (3 heures 21 minutes de Paris à New York, à deux minutes près) mais dont chaque vol était une course silencieuse contre la consommation. Pas d'ordinateur de bord. Pas de FMS. Pour gagner cette course, les équipages d'Air France disposaient d'un imprimé de suivi de vol structuré autour d'un graphique consommation-distance, de deux règles de calcul spécifiques, et de stylos à bille quatre couleurs. Trois cerveaux humains travaillant en parallèle.

Un avion où chaque kilo comptait
En croisière supersonique, les quatre Olympus 593 engloutissaient de l'ordre de 25 000 litres par heure. Le plein complet représentait environ 95 tonnes de kérosène réparties sur treize réservoirs. Sur un Paris-New York, l'avion décollait à 185 tonnes et se posait aux alentours de 104 : il avait brûlé près de la moitié de sa masse en trois heures et demie. La phase la plus consommatrice n'était pas la croisière elle-même mais l'accélération transsonique entre Mach 0,95 et Mach 1,7, qui imposait l'allumage des postcombustions pour franchir la traînée d'onde. Une seconde accélération transsonique imprévue n'était pas envisageable, ce qui fermait des options de récupération qu'un avion conventionnel aurait pu utiliser.

Trois courbes pour cartographier le possible
Sur le graphique consommation-distance préimprimé par le service Études de Lignes d'Air France, l'équipage traçait plusieurs courbes au stylo à bille de couleurs différentes. La courbe bleue donnait la consommation supersonique théorique, calculée entre le carburant restant en début de croisière et le carburant souhaité à l'arrivée, typiquement 15 tonnes. À chaque waypoint, on reportait le carburant réellement mesuré. Tant que les points restaient sur ou au-dessus de la courbe bleue, tout allait bien.

La courbe rouge couvrait le scénario de la perte d'un moteur. Pour les besoins du suivi carburant, cette panne était traitée selon l'hypothèse du passage en vol subsonique trois moteurs à Mach 0,95, qui produit la consommation kilométrique la plus élevée des configurations dégradées. Cette hypothèse conservative permettait de construire un Point de Non-Retour robuste, indépendamment des marges effectives dont l'équipage aurait pu disposer. La courbe verte, plus généreuse, couvrait les pannes imposant l'abandon du supersonique avec quatre moteurs opérationnels.

Pour chaque terrain de dégagement le long de la route (Shannon, Santa Maria, Gander, Halifax, Bangor, etc...), on traçait le même réseau de courbes. Le graphique se couvrait ainsi d'un faisceau d'options dessinant l'intégralité des décisions possibles à chaque segment du vol.

L'arbre de décision temporel
C'est ici que le système révélait sa véritable sophistication. Tracer des courbes ne suffisait pas. Dans une situation d'urgence à Mach 2 au-dessus de l'Atlantique, il n'était pas question de déplier un graphique et de chercher des intersections. La décision devait être déjà prise.

L'équipage convertissait donc chaque intersection en horaire précis. Chacun des trois membres (Commandant de bord, Officier Pilote et Officier Mécanicien Navigant) établissait indépendamment une fiche de 8 à 10 horaires de basculement décisionnel : « Jusqu'à 14h42, si je perds un moteur, je retourne sur New York. De 14h42 à 15h03, je déroute sur Gander. De 15h03 à 15h18, je rallie Shannon. Après 15h18, je poursuis vers Brest ou Paris. »

Trois fiches indépendantes, puis comparées. Si l'écart entre deux d'entre elles dépassait deux minutes, on recommençait les calculs. Deux minutes à Mach 2, ce sont environ 70 kilomètres parcourus et 700 kilogrammes de kérosène. Sur un vol de 3 heures 21, voilà le niveau de précision que ces hommes s'imposaient avec des outils analogiques.

Ce qu'ils construisaient ainsi, sans le nommer, c'était un véritable arbre de décision temporel. Un algorithme séquentiel indexé sur l'horloge, que les FMS modernes calculent aujourd'hui automatiquement, mais que les équipages du Concorde élaboraient manuellement, à trois, avec des règles en plastique et des stylos à bille.

Le silence comme produit d'un travail invisible
Trois membres d'équipage effectuant les mêmes calculs indépendamment, puis comparant leurs résultats au seuil de deux minutes : c'est du Crew Resource Management dans sa forme la plus pure, pratiqué des années avant que le concept ne soit formalisé par l'industrie. La redondance n'était pas dans les machines, elle était dans les cerveaux. Et derrière cette méthode, une doctrine : la décision pré-positionnée. On ne décide pas en temps réel. On a déjà décidé, avant le décollage, pour chaque scénario qui peut se présenter à chaque minute du vol. Le pessimisme opérationnel élevé au rang de discipline.

Une question :
Les FMS modernes calculent désormais automatiquement ce que ces équipages bâtissaient à trois, en croisant leurs erreurs. La précision est meilleure, la charge de travail moindre, la fiabilité plus haute. Mais une question mérite d'être posée. En transférant cette redondance des cerveaux vers les machines, qu'avons-nous gagné, et qu'avons-nous perdu ?

Sources :
Manuel d'Utilisation Concorde Air France (CCD vol. 2), sections TU 05.01.40 (Imprimé de Suivi de Vol), TU 05.01.42 (Règle Graphique), TU 05.01.44 (Règle Suivi Carburant), TU 05.01.46 (Gestion du Carburant en Vol).
Témoignage de Jacky Ramon, ancien Commandant de bord Concorde Air France, interview vidéo « Concorde, l'interview exclusive d'un ancien pilote, 1/3 », chaîne Alpha Zoulou, 18 février 2017.

Article en version longue à venir... Stay Tuned


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Sam 16 Mai 2026 10:27

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
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Merci Iceman

Je suis complètement passionne et ébahi par ce défi et la réalisation des ingénieurs français et anglais d'avoir fait voler à Mach 2 pendant plusieurs heures un avion
Ils ne se sont pas contentés de faire un prototype qui marchait, puis de dire voila on sait faire et merci, bonsoir. Mais, encore plus fort, ils ont mis des clients dedans, leurs ont servis du champagne et des repas raffinés dans un excellent confort.
A Mach 2 :shock: :shock:
Pendant des années.

:dance:

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Sam 23 Mai 2026 15:42

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
MessagePosté: Sam 23 Mai 2026 15:42 
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Allez, un petit coucher de soleil pour amener un peu de fraicheur en cette journée de mai torride

8)

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Dim 24 Mai 2026 07:59

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
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Par François Negroni:

Concorde : La Propulsion

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En croisière à Mach 2,02, on imagine volontiers que l'Olympus 593 fournit l'essentiel de la poussée du Concorde. Ce n'est pas le cas. Le moteur n'en assure que 8 %. Les tuyères secondaires en délivrent 29 %. Les 63 % restants proviennent des entrées d'air, ces conduits rectangulaires de onze pieds placés sous chaque demi-voilure. Cette répartition, établie par The Concorde Air Intake Control System, dit l'essentiel sur la nature réelle du seul transport civil supersonique économiquement viable jamais construit. Le système tient autant du statoréacteur intégré que de la propulsion classique.

Leur fonction consiste à ralentir un écoulement de 2 100 km/h à environ 500 km/h sur 3,4 mètres, sans dilapider l'énergie cinétique du flux libre. Aucun compresseur axial civil n'accepte d'air à vitesse supersonique. Deux rampes mobiles, actionnées par vérins hydrauliques sur la paroi supérieure du conduit, s'en chargent. La rampe avant, convergente, organise un faisceau d'ondes de choc obliques qui décélère progressivement l'écoulement. La rampe arrière, divergente, fonctionne en diffuseur subsonique et convertit la vitesse résiduelle en pression statique. Une porte de décharge sur l'intrados purge l'excédent quand le moteur en consomme moins, une vanne auxiliaire fait l'inverse au décollage. La récupération de pression totale atteint 0,96 en croisière, performance jugée exceptionnelle par tous les motoristes qui l'ont étudiée.

Cette mécanique des chocs apprivoisés a coûté trois années d'essais et un incident majeur. Le 26 janvier 1971, au cours du vol 122 du Concorde 001 au large de la Bretagne, le pilote Gilbert Defer coupe les réchauffes après un point d'amortissement structural à Mach 2. L'action déclenche le pompage le plus violent jamais rencontré sur les deux moteurs droits. La rampe avant de l'entrée n°4, qui représente plus d'un mètre d'alliage léger, est avalée puis recrachée par le moteur. Defer ramène l'avion en trimoteurs à Toulouse-Blagnac. L'analyse établit que l'entrée d'air n'était pas la cause du pompage, mais que les charges aérodynamiques induites par ce dernier avaient été sous-estimées par les bureaux d'études. Les deux Concorde en vol sont aussitôt cloués au sol jusqu'à la mi-avril.

La mise au point finale s'est jouée à Casablanca-Nouasseur entre octobre et novembre 1974, dans une campagne franco-britannique conjointe menée sous l'impulsion d'Henri Perrier et de Ted Talbot. La méthode a consisté à provoquer le pompage point par point, plutôt qu'à l'éviter, pour cartographier les limites réelles du système. Le pilote bloquait Mach, incidence et dérapage. Le mécanicien navigant modifiait le braquage des rampes degré par degré sur ordre de l'ingénieur d'essais. Lorsque l'instabilité se déclenchait, on récupérait, on relevait les charges, on réaccélérait. La recherche des tropopauses à -80 °C en partant de Tanger permettait de pratiquer les Mach élevés sans empiéter la limite de température totale de 127 °C imposée par l'AU2GN de la cellule. Le 17 octobre, Mach 2,23 est atteint à 1 380 kt de vitesse sol, avec marge pratiquement nulle et pompage quadruple garanti au-delà. Le 26 novembre, la régulation est définie et certifiée. Au mépris des procédures, les calculateurs étaient sortis de l'avion en fin de journée et modifiés au fer à souder dans une salle donnant sur les pistes.

Le système tiendra sa promesse pendant vingt-sept ans d'exploitation, à une exception près. Le 10 décembre 1977, en fin de croisière sur New York, un pompage simultané des entrées 3 et 4 arrache les rampes du n°4. L'analyse révèle non pas une faille de conception mais une erreur de remontage du vérin de rampes commise la veille en maintenance. Le manuel d'entretien est modifié. L'incident reste unique. La fragilité, déplacée par la certification de l'aérodynamique vers la procédure humaine, avait trouvé son point d'entrée.

Vingt ans après le dernier vol commercial, les projets supersoniques contemporains abandonnent presque tous la compression externe à rampes mobiles. Coût de maintenance, complexité, absence de moteur civil certifié pour Mach 2 soutenu. Le système d'entrées d'air du Concorde était-il une impasse technologique poussée à son point d'excellence avant que l'industrie ne tourne la page ? Ou un savoir-faire que la prudence économique a délaissé alors qu'il conserve toute sa pertinence aérodynamique ? La pièce maîtresse du Concorde attend, dans les hangars des musées, le programme qui voudra à nouveau s'en inspirer.

Sources :
Defer, Gilbert et Rétif, Michel. Revue ICARE, dossier Concorde. The Concorde Air Intake Control System. Heritage Concorde, Air intake system. CONCORDE SST, Powerplant. A Study of the Internal Aerodynamics of the Concorde Inlet, AIAA, 2020.


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Dim 07 Juin 2026 12:08

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
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Localisation: Près de Morlaix-Ploujean (LFRU)
À son apogée, environ 21 000 personnes travaillaient sur le programme de développement du Concorde au Royaume-Uni seulement.

Un traité formel entre le Royaume-Uni et la France a été signé le 29 novembre 1962. Le premier prototype a volé le 2 mars 1969, et le service commercial a débuté le 21 janvier 1976.

La phase d'essais en vol et de certification a duré près de sept ans et a impliqué plus de 5 000 heures de vol sur huit appareils. Les coûts de développement sont passés d'une estimation initiale d'environ 70 millions de livres en 1962 à entre 1,5 milliard et 2,1 milliards de livres en 1976.

Le projet a nécessité une coordination étroite entre des équipes de deux pays travaillant dans deux langues et figure parmi les programmes aérospatiaux civils les plus complexes jamais entrepris.





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L'inversion de poussée en vol du Concorde, par Francois Négroni.

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Tous les avions de ligne descendent de la même manière. Ils réduisent la poussée, et sortent parfois aérofreins ou déporteurs, et laissent la traînée faire le reste. Le Concorde, lui, n'avait ni aérofreins ni déporteurs. Son aile delta néo-gothique, lisse et continue, ne portait que des élevons. Pour perdre de l'altitude et de la vitesse en même temps, son équipage disposait d'un outil que presque aucun autre appareil de transport civil n'a jamais utilisé en plein ciel : l'inversion de poussée.

Le précédent du DC-8
Le Concorde n'était pourtant pas tout à fait seul. Le Douglas DC-8, lui aussi, autorisait l'inversion de poussée en vol, et sur les deux mêmes réacteurs, les intérieurs numéros 2 et 3. Le rapprochement n'a rien d'anecdotique. Le DC-8 ne possédait pas d'aérofreins utilisables en vol. Ses déporteurs, ces panneaux qui se dressent sur l'extrados, étaient des déporteurs conçus pour clouer l'avion sur la piste après le toucher des roues. Les déployer en vol était formellement proscrit.

La raison de cet interdit tient en quelques mots : le risque d'aller "au tas". Le 5 juillet 1970, le vol Air Canada 621, un DC-8 en approche sur Toronto, en fit la démonstration tragique. À une soixantaine de pieds du sol, le copilote déploya par erreur les déporteurs de sol alors que l'avion volait encore. L'appareil s'enfonça lourdement, le toucher arracha un réacteur et une partie de l'aile droite, un réservoir fût perforé, et la remise de gaz se solda par la rupture de l'aile en feu. Les cent neuf occupants périrent. Comme le Concorde, le DC-8 ne pouvait compter que sur ses réacteurs pour descendre plus vite quand cela était nécessaire.

Les spill doors, ou la respiration de l'avion
Avant de comprendre comment le Concorde descendait ainsi, il faut comprendre comment il respirait. Chacune de ses entrées d'air était un conduit rectangulaire coiffé de deux rampes mobiles et percé, dans son plancher, d'une trappe d'évacuation appelée spill door. En croisière à Mach 2, ce conduit accomplissait un prodige : ralentir l'air de près de 1350 km/h à environ Mach 0,5 sur à peine trois mètres, grâce à un système d'ondes de choc positionné par les rampes.

La spill door réglait l'excédent. Lorsque le réacteur réclamait moins d'air que l'entrée n'en capturait, par forte température ou lors d'une réduction des gaz, la trappe s'ouvrait dans le plancher de la nacelle pour rejeter le surplus. C'est ce mécanisme qui explique une particularité du pilotage en descente. Quand l'équipage réduisait la poussée pour amorcer sa décélération, les spill doors évacuaient sous les nacelles l'air devenu inutile, et ce souffle vers le bas engendrait une tendance à piquer que le pilote, ou le pilote automatique, devait contrer. Réduire les gaz, sur Concorde, c'était déjà commencer à descendre.

Des coquilles armées en plein ciel
L'inversion de poussée proprement dite ne reposait pas sur des grilles déployées dans le flux, comme sur la plupart des réacteurs modernes. Elle s'appuyait sur les tuyères secondaires, ces deux demi-coquilles mobiles qui terminaient chaque nacelle. En croisière, elles affinaient le jet pour optimiser la poussée. À l'atterrissage, elles basculaient pour rabattre les gaz vers l'avant. Et entre ces deux usages, dans un domaine de vol étroit, elles pouvaient être armées pour freiner l'appareil à des milliers de mètres au-dessus du sol.

Le manuel d'utilisation d'Air France réservait cette capacité aux deux réacteurs intérieurs, comme sur le DC-8, et pour la même raison. En déployant les coquilles sur les moteurs extérieurs, on aurait créé une dissymétrie de traînée capable de solliciter lourdement la dérive et de menacer le contrôle latéral. En les confiant aux moteurs centraux, on conservait un freinage symétrique et maîtrisable.

Un domaine de vol sous surveillance
La procédure était encadrée par des chiffres stricts. La vitesse indiquée devait rester inférieure à 370 kt. L'altitude devait demeurer comprise entre le niveau 300 (FL300) et 3000 pieds. La durée d'utilisation ne pouvait excéder quatre minutes, que le mécanicien navigant chronométrait comme un paramètre vital dès l'ouverture des coquilles.

La séquence tenait de la chorégraphie à trois mains. Le commandant vérifiait que les manettes de poussée étaient au ralenti, puis demandait l'armement. Le mécanicien l'actionnait et confirmait l'allumage du voyant bleu. Le commandant tirait alors les manettes d'inversion des réacteurs 2 et 3. Le mécanicien vérifiait le déplacement des coquilles et lançait son chronomètre. Quatre minutes plus tard au plus tard, tout devait être rentré.

Rattraper une descente
À quoi servait ce freinage ? À rattraper l'énergie. Le Concorde croisait à Mach 2 au-dessus de 50 000 pieds, et redescendre de ces altitudes vers une approche subsonique exigeait une gestion fine de l'énergie. Lorsqu'une descente était entamée trop tard, ou qu'un contrôle imposait un palier inattendu, l'avion se retrouvait trop haut et trop rapide pour rejoindre son profil. L'inversion de poussée en vol offrait alors un taux de descente de l'ordre de 7000 pieds pour 8 milles nautiques, une pente que nul autre moyen de bord ne pouvait produire. Les schémas de calibrage du manuel la plaçaient sur la butée haute de l'approche directe, quand il fallait perdre le maximum d'énergie dans le minimum de distance.

La signature d'un avion sans compromis
L'inversion de poussée en vol résume à elle seule la philosophie du Concorde. Faute de pouvoir emprunter les solutions des avions subsoniques, ses concepteurs ont détourné des systèmes existants, les tuyères variables et les entrées d'air, pour leur confier des fonctions que presque personne n'avait osé généraliser sur un appareil de ligne.

Quand on évoque le Concorde, on pense au bang, à la vitesse, au nez basculant. On oublie souvent qu'il savait aussi "freiner le ciel", coquilles ouvertes, chronomètre en main, dans le silence relatif d'une cabine que rien ne trahissait.



Toulouse:

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Le Bourget:

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Sam 20 Juin 2026 00:13

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
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"Quatre vertes": les voyants GO LIGHTS du Concorde, ou l'art de résumer la poussée en une couleur.

Par François Negroni.

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Chaque décollage du Concorde commençait par un compte à rebours silencieux. À l'instant où le commandant poussait les quatre manettes en butée, le mécanicien navigant déclenchait ses chronomètres et ses yeux commençaient une lecture systématique du panneau moteur : N2, N1, fuel flow, EGT, AREA. Douze secondes plus tard, les réacteurs atteignaient leur régime, les réchauffes s'allumaient, les indications AREA entraient dans le secteur blanc. Le mécanicien annonçait alors "quatre réchauffes". Mais la séquence n'était pas terminée. À 100 kt, un dernier contrôle venait résumer en un regard ce que tous les cadrans disaient séparément : les quatre voyants verts GO. L'annonce "quatre vertes" signifiait que l'avion pouvait voler. Son absence pouvait signifier qu'il ne le devait pas.

Un voyant, quatre paramètres
Le principe du voyant GO tenait en une idée simple et redoutablement efficace. Un seul voyant vert par réacteur intégrait simultanément la surveillance de quatre paramètres distincts : la présence effective de la réchauffe, la position de la tuyère secondaire dans sa plage normale de 18 à 24 degrés, le débit carburant (fuel flow), et la pression P7 en sortie de compresseur haute pression. Si l'un quelconque de ces quatre paramètres sortait de sa plage, le voyant s'éteignait. Le mécanicien n'avait pas besoin de croiser mentalement quatre aiguilles sur quatre cadrans : il lisait quatre voyants d'un seul coup d'œil, et la réponse était binaire. Vert, ou pas vert.

Ce n'était pas de la simplification. C'était de la compression d'information. Les quatre paramètres surveillés formaient ensemble la signature d'un Olympus 593 délivrant sa pleine poussée de décollage avec réchauffe. Si la réchauffe n'avait pas pris, le voyant s'éteignait. Si la tuyère s'était placée hors de sa plage nominale, le voyant s'éteignait. Si le débit ou la pression trahissait une anomalie interne, le voyant s'éteignait. Il n'y avait pas d'ambiguïté à interpréter, pas de tendance à jauger, pas de valeur limite à se rappeler. Le système avait déjà décidé pour le mécanicien que quelque chose n'allait pas. Restait à décider quoi faire.

La logique de décision à trois paliers
C'est dans l'arbre de décision qui suivait l'extinction d'un voyant que le système révélait toute sa subtilité. Le manuel distinguait trois situations :

Premier cas : un seul voyant éteint, mais les paramètres individuels restent normaux, le N2 est aligné sur les trois autres réacteurs et l'indicateur AREA est dans le secteur blanc de réchauffe. Le mécanicien annonçait "trois vertes, poussée disponible", et le décollage se poursuivait. Le voyant avait menti, ou plus exactement son circuit avait défailli, pas le moteur.

Deuxième cas : un seul voyant éteint avec des paramètres anormaux. L'annonce devenait "panne réacteur X". Le moteur ne délivrait pas sa poussée, et c'était la procédure de panne moteur au décollage qui prenait le relais, avec sa propre logique d'interruption ou de poursuite selon que l'on était avant ou après V1.

Troisième cas : plus d'un voyant éteint. L'annonce était la même, "panne réacteur X", sans chercher à discriminer davantage. Deux moteurs suspects sur quatre, c'était un avion qui ne décollait pas.

Préserver le voyant à tout prix
Un détail enfoui dans la check-list "position anormale tuyère secondaire" révèle à quel point l'équipage comptait sur ce voyant unique. Si au roulage une tuyère secondaire se trouvait hors de sa plage normale de 18 à 24 degrés, le décollage restait autorisé à condition que la position demeure entre 10 et 27 degrés, moyennant les restrictions de performances prévues. Mais la tuyère hors plage allait éteindre le voyant GO du réacteur concerné, puisque la position de tuyère était l'un des quatre paramètres surveillés. L'équipage aurait alors perdu la surveillance des trois autres paramètres sur ce moteur, précisément au moment où il en avait le plus besoin. La solution prescrite par le manuel était élégante : tirer le disjoncteur du BUCKET CONT UNIT SUP du réacteur incriminé. Le manuel précise sans détour la raison de cette action : "conserver l'activation de la lampe GO sur le réacteur incriminé." En retirant du circuit la seule entrée fautive, on rendait au voyant sa capacité de surveiller la réchauffe, le débit et la P7. On acceptait la panne connue pour ne pas perdre la vigie des pannes inconnues.

Un système pensé pour le temps qui manque
Le décollage du Concorde était l'un des plus rapides de l'aviation civile. Avec la réchauffe, la distance de roulement avant la rotation était courte et la vitesse augmentait très vite. Entre l'avancement des manettes et le passage de V1, le mécanicien devait vérifier l'allumage de quatre réchauffes, le comportement de seize paramètres moteur, la limitation N1 du réacteur 4 et sa levée à 60 kt, les voyants TYRE et SYSTEM, et enfin les voyants GO LIGHTS à 100 kt. Le tout en surveillant le panneau central d'alarme dont les voyants avaient été inhibés pour ne pas distraire l'équipage avec des alertes secondaires. Le bouton INHIBIT était d'ailleurs enfoncé juste avant le lâcher des freins.

Le voyant GO était la réponse des concepteurs à cette compression du temps. Plutôt que de demander au mécanicien de balayer quatre cadrans par réacteur, soit seize lectures, à un moment où la piste défilait sous l'avion et où chaque seconde rapprochait de V1, ils avaient tout condensé en quatre voyants verts. Et plutôt que de laisser l'interprétation au jugement de l'homme sous pression, ils avaient câblé la décision dans la logique du circuit : vert signifiait conforme, éteint signifiait anomalie. Le mécanicien n'avait plus qu'à discriminer entre une extinction isolée et une extinction multiple, et à croiser avec les paramètres pour distinguer la panne réelle de la fausse alarme.

L'écho d'une philosophie
Cette approche n'a rien de trivial. Dans les cockpits modernes, la question de l'intégration des alarmes reste l'un des grands sujets de l'ergonomie cognitive. Les glass cockpits de l'A320 ou du 787 affichent des messages textuels hiérarchisés par couleur et par priorité, avec une logique comparable mais bien plus abstraite. Le voyant GO du Concorde incarnait la même intention par un moyen radicalement différent : non pas un message à lire, mais une lumière à voir. Non pas un diagnostic à comprendre, mais un état à constater. C'était de l'ergonomie analogique portée à son meilleur, conçue pour un moment où le cerveau humain n'a ni le temps de lire, ni la capacité de calculer, mais conserve intacte sa faculté de percevoir une absence de lumière dans une rangée de quatre.

Les réchauffes fournissaient la poussée. Les tuyères la canalisaient. Le débit et la pression témoignaient de la santé du moteur. Et quatre voyants verts résumaient tout cela dans un mot que le mécanicien prononçait avant chaque envol, un mot qui autorisait la suite : "quatre vertes".

Sources :
Les paramètres surveillés par le voyant GO (réchauffe, position tuyère secondaire 18-24 degrés, fuel flow, P7) et sa qualification de rappel figurent aux procédures normales de roulage et décollage (TU 02.01.31). La séquence complète du décollage, l'annonce "quatre réchauffes", le contrôle à 100 kt, l'arbre de décision à trois paliers (trois verts poussée disponible, panne réacteur X, voyants GO multiples éteints), la limitation N1 du réacteur 4 à 88 % levée à 60 kt, et l'inhibition du système central d'alarme avant le lâcher des freins proviennent des procédures normales avant décollage et décollage (TU 02.01.32 et 02.01.33). Le détail de la MEL applicable au TAKE OFF MONITOR (voyant GO et voyant <bip>) et la mention du tirage du disjoncteur de tuyère secondaire pour préserver l'activation de la lampe GO figurent respectivement à la MEL item 77-01 et à la check-list position anormale tuyère secondaire (TU 04.02.36). L'ensemble provient du Manuel d'utilisation Concorde d'Air France, révisions de 2001 à 2003.




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Lun 27 Juil 2026 09:55

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
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Gonfleur d'Hélice
Gonfleur d'Hélice

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Grâce à des élèves de l'École Boulle, le Concorde du musée Delta en Essonne va retrouver sa "table jaune"

En juin, des représentants de l’École Boulle sont venus au musée Delta d’Athis-Mons pour signer une convention portant sur la réalisation d’une table pour équiper le Concorde.

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Les élèves de l’école Boulle autour du prototype de la table qu’ils ont réalisée pour le Concorde du musée Delta d’Athis-Mons (©P.M / actu Essonne).

Elle constituera leur « chef-d’œuvre » de fin d’études. Le mercredi 3 juin 2026, des élèves suivant la Formation des métiers d’art (FMA) de l’École Boulle sont venus au musée Delta à Athis-Mons (Essonne) présenter un prototype qui sera finalisé l’an prochain de la table qui équipera le Concorde expérimental 02, la pièce maîtresse du musée situé à proximité de l’aéroport d’Orly en bordure de la Nationale 7.

Une table présente lors de la première traversée Washington-Orly


L’École Boulle, grande école publique de la Ville de Paris, est un établissement d’excellence dans la formation aux métiers des arts appliqués.

En 2023, à l’initiative du professeur de cette classe, Fabrice Chouard, ébéniste menuisier aéronautique, un projet de restitution de la « table jaune » équipant ce Concorde a été lancé.

En effet, quelques rares photographies représentent cet élément du mobilier de la cabine passagers. Les plans et les éléments originaux ont disparu.

Cependant, on peut attester qu’elle était bien présente lors de la première traversée directe Washington-Orly réalisée le 26 septembre 1973 en 3 heures et 33 minutes.

Un avion mythique qui attire des visiteurs venus du monde entier

Au moins quatre des trente-deux passagers VIP de ce vol historique s’y sont attablés. Y auraient-ils signé quelques beaux contrats, rédigé un scénario mémorable ou partagé un repas gastronomique ? L’histoire ne le dit pas.

Ce qui est sûr, c’est que Françoise Payen, présidente du musée Delta et Laurent Scordino-Mazanec, le directeur de l’École Boulle, ont bien signé la convention sur son large plateau en présence des élèves qui l’ont réalisée, des représentants de la municipalité, d’anciens ingénieurs d’essais et de l’équipe du musée.

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La convention a été signée à l’intérieur de l’avion (©P.M / actu Essonne).

Hébergé par le musée Delta, ce Concorde attire des visiteurs du monde entier pour des visites et des conférences animées par les bénévoles.

Outre l’avion légendaire, le musée dispose d’instruments de navigation aérienne, de plans d’aéronefs, de documents audiovisuels et d’importantes archives relatives à l’aile delta.

Un ingénieur local est à l’origine du premier vol d’un avion à aile delta

Nicolas Roland Payen, ingénieur aéronautique athégien, est le créateur du premier avion ayant volé avec cette configuration de voilure bien particulière en 1935.

Quant à Pierre Dudal, ancien élève à l’École Boulle, il fit une carrière d’aviateur militaire avant d’être pilote d’essais pendant plusieurs années sur ce Concorde. À la retraite, il rouvrit son atelier de menuiserie. Ainsi, la boucle est bouclée.

Après la signature, Alexandre Pozder, responsable du musée, a conduit les jeunes élèves dans la cabine de pilotage.

Ils ont pu ainsi, pour un instant, prendre les commandes de cet avion mythique. Son long nez mobile s’est incliné comme pour dire au revoir et à bientôt à cette sympathique délégation.

Pierre Marchal

https://actu.fr/ile-de-france/athis-mon ... 80373.html


  
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Dim 02 Aoû 2026 23:23

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
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Gonfleur d'Hélice
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« Félicitations Commandant » : Le dernier vol de Béatrice Vialle, seule Française à avoir piloté le Concorde

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En mai 2003, Jean-Louis Chatelain et Béatrice Vialle saluent la foule après l'ultime vol du mythique Concorde. © Air France

Elle a été l'une des deux seules femmes à piloter le Concorde, et la seule Française. Après 40 ans passés auprès d’Air France, Béatrice Vialle vient d’effectuer son dernier vol. Retour sur un parcours inspirant.

Elle est l’une de ces pionnières dont le grand public ne connait pas le nom. Pourtant, Béatrice Vialle est une inspiration. Une femme à la carrière exemplaire, qui vient d’effectuer son dernier vol chez Air France. À quelques jours de son soixante-cinquième anniversaire, partie d’Ottawa au Canada, elle a posé son Boeing 777-300 une ultime fois à l’aéroport Paris Charles-de-Gaulle. Et c’est avec une photo toute particulière qu’elle a immortalisé l’instant.

Sur la piste d’atterrissage, l’avion au sol, deux silhouettes se tiennent debout à travers les vitres du poste de commandement : Béatrice Vialle et son copilote, bras levés, sourire aux lèvres. Une image en forme de clin d’œil. Car c’est elle qui, il y a 23 ans, a effectué le tout dernier vol du légendaire Concorde, en mai 2003. Un adieu dont le cliché, montrant les deux pilotes sortant des hublots, est devenu célèbre.

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Béatrice Vialle effectue le même geste que celui qu'elle avait fait lors du dernier vol du Concorde en 2003, cette fois-ci pour le dernier vol de sa carrière. © Air France

Lorsqu’elle entre chez Air France en 1985, à 24 ans, Béatrice Vialle n’imagine pas qu’elle s’apprête à vivre une carrière longue de 40 ans, durant laquelle elle recevra l’honneur de piloter l’avion supersonique le plus connu du monde. À l’adolescence cette fille d’un officier de l’Armée de terre et d’une mère au foyer se voit d’ailleurs plutôt professeure de sport. Mais elle a la tête bien faite et ses résultats scolaires poussent ses professeurs à la convaincre de suivre des études scientifiques.

Signe d’une société qui change, l’École Nationale de l’Aviation Civile s’ouvre depuis quelques années aux femmes. Elle en sort diplômée, le début d’une belle histoire pour celle qui finit par entrer chez Air France après une année au sein d’une petite compagnie aérienne. Évidemment, tout n’est pas simple pour celle qui n’est que la dixième femme pilote sur les 3000 que compte alors Air France. « Certains commandants de bord nous prenaient pour des potiches, croyaient qu’on était là pour la déco », se souvient-elle auprès du « Parisien » en 2021.

Pas question toutefois pour elle de se laisser intimider. Durant dix ans, sur 727, A320 et 747, elle parcourt le monde en tant que copilote. Une décennie au cours de laquelle elle a également deux enfants. Une vie de famille qui dicte ses choix. « Je ne voulais pas passer commandant de bord et je ne travaillais qu’à mi-temps comme ça, je m’occupais un peu plus de mes enfants », raconte-t-elle dans une interview accordée au Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

Cette décision de rester « une très vieille copilote », au départ prise pour sa famille, change son destin à jamais. Alors que les hommes veulent rapidement passer chef, elle continue son chemin sans aspirer à doubler qui que ce soit. Première sur la liste de séniorité des copilotes chez Air France, elle accède finalement au Concorde après 15 ans au sein de la compagnie. Elle devient alors la seule Française à piloter le mythique avion capable de relier Paris à New York en seulement 3 heures, et seulement la deuxième femme avec la Britannique Barbara Harmer. « C’était un rêve, je pensais que jamais je n’y arriverais », se souvient-elle auprès de l’INA.

Un rêve devenu réalité


Débute alors une longue formation à bord de simulateurs. Béatrice doit tout apprendre de cet appareil dont le premier vol d’essai a eu lieu le 2 mars 1969. Après des heures et des heures de travail et de doutes, la copilote obtient finalement sa qualification le 24 juillet 2000. Mais le lendemain, un accident tragique vient mettre un coup d’arrêt terrible aux voyages du « Grand oiseau blanc ». Le 25 juillet, l’avion s’écrase sur un hôtel à Gonesse, en Île-de-France, juste après son décollage, provoquant la mort de la mort de 113 personnes. Durant un an, les vols de l’appareil sont suspendus. Lorsqu’ils reprennent finalement, un autre hasard tragique du calendrier vient marquer la carrière de Béatrice Vialle. Le 11 septembre 2001, au matin, la copilote effectue son tout premier vol hors-ligne. Ce n’est qu’à la descente de l’avion qu’elle apprend que le monde vient de basculer dans l’horreur. Qu’allait-il alors advenir du Concorde ? « Je n’ai jamais douté, ni après l’accident, ni après le 11-Septembre », confie-t-elle.

Le 19 novembre, quelques semaines plus tard, elle effectue enfin son premier vol commercial à bord du Sierra Delta. Au total, Béatrice Vialle pilote 35 allers et retours du Concorde. De cette époque désormais révolue, elle se rappelle des sensations accompagnant la vie à bord de l’avion : ce tout petit cockpit, un démarrage comme dans une Formule 1, la poussée supersonique. « Quand on passe le mur du son, en réalité, dans l’avion, on ne ressent rien », dit-elle à l’INA.

Le rêve de pilotage dure deux ans pour l’élégante française aux yeux clairs. Mais en 2003, l’arrêt définitif des vols du Concorde est annoncé. Trop bruyant, pas assez rentable, ce bijou de technologie désormais entré dans la postérité effectue son ultime trajet le 31 mai 2003. « Je suis très triste que ça s’arrête déjà mais j’en ai profité à chaque fois », commente la pilote deux jours avant son dernier vol auprès du JT de France 2. À l’INA, elle dit avoir surtout ressenti l’émotion une fois l’appareil au sol, accueilli par les équipes et les curieux venus vivre ce moment historique. « À bord, pendant le vol, j’ai surtout profité un maximum », se souvient-elle. Et c’est pour saluer la foule qu’elle décide ce jour-là de sortir la tête du cockpit, faisant de ce geste improvisé l’une des images les plus marquantes de la vie du Concorde. « Je trouvais que c’était normal, ces gens étaient venus de la France entière pour nous voir, c’était normal de leur dire merci », explique-t-elle.

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Béatrice Vialle a effectué le dernier vol de sa carrière cette semaine en reliant Ottawa à Paris. © Air France

C’est ce moment entré dans l’histoire qu’elle a reproduit cette semaine pour le dernier vol de sa carrière. Une carrière de copilote à commandant de bord, qui lui a valu la distinction d’Officier de l’Ordre du Mérite. Quarante années à traverser le monde, survoler les frontières, transporter équipages, vacanciers, voyageurs et travailleurs autour de la planète. Des décennies et 17 000 heures de vol à arborer fièrement le prestigieux uniforme de pilote Air France et à écrire une page de l’histoire à bord du Concorde.

Face à ces décennies de travail exemplaire, Béatrice Vialle a reçu les honneurs d’Anne Rigail Directrice générale d’Air France. « Pour faire bouger les lignes, il faut parfois des modèles. Des pionniers et des pionnières. Béatrice Vialle est de celles-ci. Une femme passionnée dont le parcours est une école de rigueur, de discipline et de détermination », a-t-elle souligné. Et d’ajouter : « Chère Béatrice, merci pour votre engagement au service des ailes françaises ces 40 dernières années. Vous avez déjà inspiré des générations de femmes et d’hommes de tous les horizons. L’aventure continue pour rappeler à chacun que rêver c’est bien. Oser c’est encore mieux. Félicitations Commandant. »

https://www.parismatch.com/actu/societe ... rde-273535


  
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Mar 11 Aoû 2026 22:22

 Re: CONCORDE, tu nous manques...
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Gonfleur d'Hélice
Gonfleur d'Hélice

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L'éclipse de 1973, dite "Éclipse du Concorde"

https://www.instagram.com/reel/Db5P2mtsmKT/?l=1

Je ne sais pas comment mettre un lien direct Instagram sur le forum.


  
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