Ça y est, la transformation à Toulouse du premier ATR 72 en bombardier d'eau commence chez KepplairLe projet de Kepplair, visant à transformer des ATR en bombardiers d'eau, progresse. Un ATR 72 cargo vient d'arriver à Toulouse. Il sera prochainement modifié de manière à pouvoir larguer quelque 7 500 litres d'eau. Le premier vol est attendu en janvier prochain et sa certification quelques mois plus tard.
Le projet de Kepplair qui a pour ambition de transformer des avions ATR, neufs ou d’occasion, en bombardiers d’eau avec son partenaire Aerotec est en train de prendre forme. L’appareil destiné aux essais en vol est en effet arrivé il y a une quinzaine de jours dans l’un des hangars qui jouxtent les pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac.
Le Kepplair 72 pourra larguer 7 500 litres d'eau. Sa certification européenne est espérée dès l'an prochain. DDM - Kélian CoudercMis à disposition par la compagnie irlandaise ACIA Aero, l’ATR 72 cargo a reçu sa nouvelle livrée, verte et blanche, et affiche déjà sur le fuselage le nom que portera ce futur avion destiné à la lutte contre les incendies : Kepplair 72. L’appareil n’a pas encore été converti en bombardier d’eau. Équipé d’une instrumentation d’essai, il a dû effectuer, avant d’entamer sa transformation, deux vols un peu spéciaux cette semaine au-dessus de Toulouse. "Nous venons de mener une campagne de calibration, c’est-à -dire que nos pilotes d’essai ont réalisé deux vols, l’un à pleine charge et l’autre à vide, pour valider les modèles numériques que nous avons établis", indique David Joubert, le fondateur et président de Kepplair.
L'ATR 72 aux couleurs de Kepplair vient d'effectuer deux vols d'essai nécessaires avant sa transformation. Kepplair EvolutionQuatre à cinq mois de chantierL’ATR va désormais entrer dans sa phase de conversion. Ce chantier doit durer entre quatre et cinq mois. "Nous allons tout d’abord venir renforcer structurellement l’avion au niveau du carénage ventral, car c’est là où seront installés les deux réservoirs d’une capacité totale de 7 500 litres", explique Pierre Da Costa, le responsable de la division Bombardiers d’eau chez Aerotec. "Ensuite, nous procéderons à l’installation des trappes de largage entre les deux trains d’atterrissage principaux, et enfin nous équiperons l’avion du système qui permettra aux pilotes de contrôler, depuis le cockpit, le système de largage."
Cet ATR72 d'essai s'apprête à être transformé en bombardier d'eau à Toulouse. DDM - Kélian Couderc
Un premier vol en janvier 2027Si tout se passe conformément aux prévisions, le premier vol de cet ATR d’essais en version bombardier d’eau devrait intervenir en janvier prochain. Ensuite, une campagne d’essais en vol et de largages débutera pour quelques mois. Kepplair veut aller vite, la société espère certifier son Kepplair 72 courant 2027 et le voir arriver sur le marché dès le début de l'année 2028. La société ambitionne de produire jusqu’à douze bombardiers d’eau par an, à l’horizon 2030. Elle s’appuiera pour cela sur deux lignes de transformation implantées au sein d’un nouveau hangar d’Aerotec sur la plateforme aéroportuaire toulousaine en phase finale de construction. La conversion d’un ATR coûtera entre 9 et 12 M€ par appareil.
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Pour l’heure, Kepplair n’a pas encore enregistré de commandes fermes mais compte vingt-deux intentions d’achat et des marques d’intérêt de l’État français. La société vient de boucler une nouvelle levée de fonds de 6 M€, portant à 17,5 M€ le montant total des investissements publics et privés réalisés depuis le lancement du programme. Par ailleurs, sa campagne de financement participatif lancée fin mai a déjà permis de lever 900 000 euros. Réservée jusque-là à la "communauté Kepplair", elle est depuis ce 1er septembre 2026, ouverte au grand public.