Un Rafale a été ravitaillé en vol par un avion YY-20 chinois pour la première fois
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La semaine passée, les forces aériennes égyptiennes et chinoises ont donné le coup d’envoi de la seconde édition de leurs manœuvres conjointes «Aigles de la civilisation». Les exercices au programme porteront «sur des sujets tels que les tactiques de combat aérien, les opérations de supériorité aérienne ainsi que sur la recherche et le sauvetage au combat», avait précisé un porte-parole du ministère chinois de la Défense, le 14 août dernier.
À cette occasion, la composante aérienne de l’Armée populaire de libération [APL] a déployé un détachement relativement bien étoffé en Égypte, avec notamment plusieurs Shenyang J-16, c’est-à -dire l’un de ses avions de combat les plus modernes, avec le Chengdu J-20. Ces appareils sont accompagnés par six Xi’an Y-20 [transport], des YY-20A [ravitaillement en vol], un KJ-500 [détection et commandement aéroportés] et au moins un Y-9LG, dédié à la guerre électronique. Des hélicoptères Z-20 complètent ce dispositif.
«Le Y-9LG est équipé de capteurs de renseignement électronique de pointe, capables de détecter, de suivre, de localiser et de brouiller les émissions électromagnétiques ennemies. Il est un équipement clef pour permettre à nos forces armées d’obtenir la suprématie électromagnétique sur le champ de bataille et de prendre l’initiative dans les guerres futures», a résumé un média chinois.
Évidemment, on peut supposer que la signature électronique des Rafale égyptiens intéresse particulièrement l’APL. Et notamment leur dispositif SPECTRA [Système de protection et d’Évitement des Conduites de Tir du Rafale].
«Affronter le Rafale en Égypte permet de connaître directement ses performances et certaines de ses caractéristiques de vol, ce qui servira comme référence pour développer des tactiques et des méthodes de combat», a d’ailleurs reconnu l’analyste militaire Zhang Xuefeng, auprès de la chaîne de télévision d’État CCTV.
Quoi qu’il en soit, les manœuvres «Aigles de la civilisation» sont aussi l’occasion pour les forces égyptiennes et chinoises de renforcer leur interopérabilité.
C’est ainsi que, pour la première fois, un Rafale a été ravitaillé en vol par un avion chinois, en l’occurrence un YY-20A. Une photographie de ce moment a été diffusée par le porte-parole de l’état-major égyptien, via le média social X.
Le YY-20A utilise des tuyaux souples et des paniers pour transférer du carburant à d’autres avions. Ce qui ne pose pas de problème pour ravitailler un Rafale en vol puisque cette technique, dite Probe and Drogue Refueling, est utilisée par les A330 MRTT de l’armée de l’Air & de l’Espace. Cela étant, il a fallu tenir compte de plusieurs paramètres [vitesse d’approche, contact avec le panier, performances de chaque aéronef, etc.]. Ce qui ne va pas forcément de soi.
Qui plus est, la force aérienne égyptienne ne possède pas d’avions ravitailleurs, ce qui peut être un handicap au regard de l’étendue du territoire qu’elle doit surveiller et protéger. Aussi, ce ravitaillement en vol d’un Rafale par un YY-20A pourrait bien avoir des suites commerciales. En tout cas, le South China Morning Post a avancé cette hypothèse.
«La démonstration de la capacité à ravitailler en vol des avions étrangers pourrait offrir à Pékin des options pour une interopérabilité militaire plus étroite et, potentiellement, pour l’exportation du YY-20 à l’étranger», a-t-il écrit. «Cela pourrait s’avérer particulièrement pertinent pour des clients potentiels exploitant des aéronefs acquis auprès de différents fournisseurs», a-t-il ajouté.
Au passage, selon un compte rendu de l’Armée populaire de libération, le YY-20A a aussi servi de «nœud de commandement aéroporté» lors du vol des J-16 vers l’Égypte.
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