Préparant un énième déménagement, je dois me résoudre à alléger ma bibliothèque sous l’amicale pression de mon épouse. Alléger, en l’occurrence, signifie jeter. Parmi ces livres, il y a des manuels de vol des avions que j’ai pilotés—du moins ceux qui ont survécu aux précédents déménagements et à l’usure du temps.
Pour un pilote consciencieux, un manuel de vol est bien plus qu’un simple document technique. Il porte en lui des souvenirs : les heures passées à l’étudier, les images de vols, les tableaux de bord, les moments de plaisir comme ceux de stress. Les étaler une dernière fois sur une table avant de s’en séparer, c’est une forme d’adieu—un peu comme exposer un corps avant l’inhumation. C’est aussi tirer un trait définitif sur une activité à laquelle, bien que cloué au sol, je m’accrochais encore pour ne pas oublier.
Demain, ce sera fini.
Sur la table, en désordre : Piper Seminole PA44, Cessna R182, Robin DR 400, Aquila A210, Piper Twin Commanche PA30, Piper Navajo PA31, Robin HR100, Mudry CAP 10, Cessna FR172F, Cessna 310R x 2 (N310KZ et G-FFOR), un autre Cessna 182FR, Robin DR500 Président, Cessna F172M, Cirrus SR22, etc
On est loin du compte de la quarantaine d’avions sur lesquels j’ai volé. C’est peu pour la plupart des contributeurs ici, mais je n’étais que pilote privé. 